Fernando Mendoza, QB, Indiana (Senior)

De retour pour cette cuvée 2026, The TrickPlay vous propose de nouveau de plonger plus précisément dans le jeu des joueurs de demain. Qui confirmera ses points forts ou ses points faibles ? Qui sera surcoté, sous-coté ou bien évalué à sa juste valeur ? Qui sera le Bust, Boom ou encore le Sleeper de cette Draft 2026 ? 
On essaye une fois de plus de vous donner les meilleures armes afin de faire votre choix et de vous faire un avis sur les possibles stars de demain.

 

Points fort :

  • Gabarit idéal Pocket Passer
  • Mécanique
  • Intelligent
  • Présence dans la poche

 

Points faibles :

  • System QB ?
  • Lecture blitz et tracés Hot
  • Protection de balle et de soi-même en tant que coureur

TTProfil

Statistiques Saison 2025 :
16 matchs joués, 273/379 (72.0%), 3535 yards (220.9 yards/match), 41 TDs, 6 INTs. Heisman Trophy Winner.

Statistiques Carrière :
36 matchs joués, 691/1008 (68.6%), 8247 yards (229.1 yards/match), 71 TDs, 22 INT

Taille : 6’5 » (1.96m)
Poids : 225lbs (102kg)

 

Après deux saisons passées chez les California Golden Bears, Fernando Mendoza, comme de nombreux QBs aujourd’hui, a transféré, chez les Indiana Hoosiers de Curt Cignetti. Programme au fond du trou historiquement mais qui a connu une ascension fulgurante ces deux dernières saisons sous le joug du toujours souriant Cignetti, Indiana a prouvé qu’ils étaient en mesure de prendre des joueurs issus d’un niveau moindre et d’en faire des titulaires de Power 4 et de gagner un titre avec. Fernando Mendoza a saisi l’opportunité de remplacer Kurtis Rourke du côté de Bloomington (aussi un peu poussé par l’arrivée à Berkeley de la sensation Freshman Jaron-Keawe Sagapolutele), et quel bien cela lui a fait puisqu’il a remporté le Heisman Trophy en 2025 suite à son excellente saison et le titre de champion national.

Tout comme Carson Beck, son homologue de Miami qu’il a affronté en finale nationale, Fernando Mendoza dispose d’un gabarit idéal pour un Pocket Passer. Grand et longiligne, avec des grands segments, Mendoza reste un passeur traditionnel, à l’aise dans sa poche et surtout capable de saisir n’importe quelle opportunité laissée par les défenses adverses.

Le playbook offensif d’Indiana comportait une grande proportion de jeu en RPO (Run/Pass Options), ce qui facilitait les lectures et avait tendance à augmenter le pourcentage de passes complétées puisque les balles lancées dans ces situations était sur du 1v1.
Même si ce système est théoriquement avantageux pour le QB et l’offense dans son ensemble, il n’en demeure pas moins important d’avoir un Quarterback capable de réaliser ces lectures et de prendre les bonnes décisions.
C’est clairement ce qu’est Mendoza. Il a la taille nécessaire pour ne pas être gêné par les duels OL/DL, est assez lourd (100kg) pour rester solide dans sa poche avec une bonne ball security (2 mains sur le ballon lorsqu’il bouge), le Football IQ pour lire la défense et la découper depuis le confort de sa poche et le bras nécessaire pour nourrir ses playmakers.

Mendoza est un QB mécaniquement propre, agréable à voir lancer, peu ou pas de mouvements parasites dans sa mécanique. Le dropback est solide et dans le timing de ce qu’exécute son offense et le footwork dans la poche est bon, que ce soit pour se mouvoir ou reset ses pieds sur RPO.
Petit point à souligner, le fait que son coude a une tendance à être assez bas sur certaines passes, surtout sans raison apparente. Cela m’a un peu surpris au premier abord, et ça explique le nombre significatif de balles tipées par les défenseurs sur la ligne de scrimmage, et ce malgré sa taille (1.96m). Et chose assez rare de nos jours, on le voit très peu changer son angle de bras sur ses passes (pas de passe en sidearm sur des screens ou passes rapides avec un défenseurs devant lui).
Le zip mis dans la balle est particulièrement important et lui permet de réaliser presque toutes les passes qu’il veut tenter, de n’importe où sur le terrain. On l’a vu compléter des “Hole Shot” (balle envoyée sur la sideline dans la zone vulnérable d’une Cover 2) depuis la Hashmark opposée à presque 40 yards, des tracés Seam zipés au-dessus du LB et arriver avant le safety ou des backshoulder fades (notamment sur Elijah Sarratt), tracé au timing particulièrement compliqué et fort apprécié et dévastateur.

Autres points positifs de son jeu, il lance très bien dans la course (notamment vers la droite, puisqu’on le verra plus tard, il ne s’échappe presque jamais à gauche).
Contrairement à d’autres QB, il est particulièrement “courageux” dans sa poche, il reste “grand” malgré le rush adverse et ne s’affaisse pas pour lancer sur son pied arrière. Il a le corps pour encaisser les coups dans la poche et s’en sert bien.
QB aussi capable de lancer avec anticipation, c’est-à-dire que la balle part avant même que le receveur n’ai réalisé son break, ce qui est particulièrement important quand on sait à quelle vitesse les fenêtres de passes se referment en NFL.
Enfin, et c’est un point que j’aime particulièrement chez lui, il sait laisser une chance à ses receveurs de réaliser un bon jeu sur ce qu’on appelle les “balles à 50/50”. Il sait qu’il a des playmakers autour de lui et leur permet de briller et sauver un jeu pas forcément bien embarqué, plutôt que de se débarrasser du ballon. Lance bien là où seul son receveur peut attraper la balle.

Nous avons donc vu que Fernando Mendoza était un très bon Quarterback, mais ce qui fait dire à beaucoup que cette cuvée de QB 2026 n’est pas si bonne, c’est notamment le fait que le top prospect au poste semble avoir tout de même plus de défauts que ce qu’on pourrait attendre d’un futur 1st overall pick.

Tout d’abord, si au moins Mendoza a l’habitude d’appeler les jeux via un huddle à Indiana (bon point pour lui pour son acclimatation à la NFL), le reste de la partie gestion pure d’une offense reste limitée pour lui. En effet, l’offense des Hoosiers était totalement en Shotgun, avec un décompte soit via un claquement de main soit un compte silencieux (surtout à l’extérieur). Si ces points ne sont pas rédhibitoires, on a par exemple pu voir un Jaxton Dart s’adapter sans réel problème la saison dernière, ils restent tout de même à prendre en compte.
De même, le fait qu’il n’ait aucun contrôle du jeu ou simplement de la protection de passe pre-snap est un point faible pour lui. Non pas qu’il ne soit pas capable de le faire, mais c’est une adaptation parmi les plus compliquées à prendre en main pour les jeunes QB en NFL.

Toujours dans le registre des choses qui se rapportent sûrement plus au schéma offensif d’Indiana et ce qu’on lui demandait simplement de faire, et non forcément des choses qu’il ne sait pas faire : les lectures post-snap.
Comme évoqué plus haut, beaucoup de RPO dans ce système, donc des jeux à une seule lecture. Beaucoup aussi de ce qu’on appelle des half-field reads, c’est-à-dire des jeux qui ne demandent au QB de lire que la moitié du terrain post-snap (quelle moitié de terrain étant déterminée pre-snap en fonction de l’alignement défensif, soit différence 1 safety deep / 2 safeties deep, soit différence Man / Zone), ce qui signifie en général deux lectures maximum après le départ du jeu. On l’a très peu vu avoir des jeux de passe avec des full-field reads, donc des jeux avec progression de lecture type NFL, de 1 à 5.

Pour le coup cela correspond bien aux qualités de passeur de Mendoza, qui découpe vraiment les défenses lorsqu’il est sur ses premières lectures. Mais si la défense a correctement déguisé sa couverture, ou si les défenseurs couvrent bien chaque receveur du côté de lecture, la suite du jeu devient plus compliquée.
C’est pourquoi sa tendance à carrément se tourner vers sa cible sur son côté de lecture, sans tentative de garder les safeties honnêtes au moins une seconde au snap, peut s’avérer dangereuse.
Ajouté à cela un arbre de tracé relativement limité dans ce schéma (Hook, Slant, Mesh, Out, Fade), et on a un système très bien exécuté par les joueurs, mais qui reste peu formateur pour la complexité d’un playbook NFL.

Autre problématique pour Mendoza, et je pense que cela est couplé avec le fait qu’il n’appelle pas sa protection de passe, c’est sa difficulté à reconnaître les blitzs et utiliser ses tracés Hot (tracé court rapide qui permet une soupape de sécurité en cas de blitz).
C’est dans ces cas-là où on peut apercevoir un Fernando Mendoza paniqué, qui a vraiment du mal à gérer une poche qui s’écroule. On l’aperçoit souvent baisser la tête (et donc perdre de vue ses receveurs), chercher à s’échapper presque exclusivement vers la droite plutôt que de passer à une lecture suivante ou jouer le checkdown. Et si le rush est discipliné, on dirait un poulet sans tête (cf le B1G Championship Game contre Ohio State).

En revanche, lorsqu’il parvient à sortir de sa poche et utiliser ses jambes, c’est un bon coureur, plus rapide que ce qu’on pourrait croire de prime abord, malgré ses mouvements dégingandés qui rappellent un peu un Jameis Winston. Il profite de ses longues jambes pour rapidement prendre du terrain, et il peut vraiment faire très mal, notamment en 3rd down où la défense se dit qu’ils n’ont pas forcément besoin de garder un Spy sur lui. En revanche, comme pour Carson Beck, je pense que lui-même se pense plus athlétique qu’il ne l’est vraiment, et j’attend de voir ce que ses jambes pourront donner contre une opposition NFL.
Enfin, deux gros points noirs sur Fernando Mendoza “coureur”, sont sa protection de balle et son incapacité à slider ou sortir en touche. Autant lorsqu’il est dans la poche, il a bien les deux mains sur le ballon, autant lorsqu’il court c’est plus problématique. Une seule main sur le ballon, pas même de portée “High & Tight” et le coude très décollé du corps lorsqu’il tente un “move”, ce qui laisse amplement la place à un défenseur de venir puncher ou striper la balle. Et donc cette incapacité à slider et cette volonté d’aller au contact à chaque course… On prendra simplement (de nouveau) Jaxson Dart comme exemple, qui a fini sa première saison en NFL avec quasiment un protocole commotion par match, pour comprendre que ce n’est pas une option viable pour un QB NFL, même lorsqu’il fait 1.96m et 100kg.

 

Pour conclure, il n’y a pas de doute que Fernando Mendoza est le meilleur QB de cette Draft 2026, et son doublé Heisman/Champion ne fera qu’ajouter à son image de “winner”.
Relativement complet, gabarit prototype, assez mobile pour survivre derrière une OL pas forcément performante : il coche la grande majorité des cases pour un top QB.
Ses déficiences “supposées” pour le niveau professionnel sont majoritairement des questions de schéma offensif, et je suis persuadé qu’il saura les effacer lors de ses différentes interviews du processus pre-Draft.
Les Las Vegas Raiders disposant actuellement du 1st Overall Pick, et l’expérience Geno Smith semblant toucher à sa fin, la venue dans le Nevada de Fernando Mendoza en tant que premier choix de la prochaine Draft semble déjà tout tracé.
Si ce n’est pas le cas, il ne devrait tout de même pas sortir du Top 5.

 
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