Drew Allar, QB, Penn State (Senior)

De retour pour cette cuvée 2026, The TrickPlay vous propose de nouveau de plonger plus précisément dans le jeu des joueurs de demain. Qui confirmera ses points forts ou ses points faibles ? Qui sera surcoté, sous-coté ou bien évalué à sa juste valeur ? Qui sera le Bust, Boom ou encore le Sleeper de cette Draft 2026 ? 
On essaye une fois de plus de vous donner les meilleures armes afin de faire votre choix et de vous faire un avis sur les possibles stars de demain.

 

Points forts :

  • Size
  • Puissance de bras
  • Sneaky athlétique et capacité de coureur

 

Weaknesses :

  • Gestion de la pression
  • Mécanique
  • Footwork
  • Reconnaissance du blitz
  • Inconstance
  • Précision passes longues

TTProfil

 

Statistiques Saison 2025 :
6 matchs joués, 103/159 (64.8%), 1100 yards (183.3 yards/match), 8 TDs, 3 INTs

Statistiques Carrière :
45 matchs joués, 633/1002 (63.2%), 7402 yards (164.5 yards/match), 61 TDs, 13 INT

Taille : 6’5 » (1.96m)
Poids : 235lbs (107kg)

 

Drew Allar est l’un des nombreux Quarterbacks de cette cuvée 2026 possédant un gabarit idéal pour la NFL. 6’5 » (1.95m) pour 235 lbs (107kg), Allar a le physique pour attirer l’oeil des scouts pro.
Cependant quand on regarde ses vidéos de plus près, il y a tellement de choses à redire sur son jeu, et c’est ce que nous allons essayer de disséquer dans les lignes qui suivent.

Parmi les points positifs qui sautent aux yeux, on peut voir qu’Allar est un pocket passer standard, batti pour rester dans sa poche et découper les défenses. Assez athlétique et puissant pour aller chercher du yard au sol, ce n’est cependant pas sa qualité première.
Il dispose d’un bras surpuissant, en théorie capable de lancer pratiquement où il veut sur le terrain, et qui lui permet de réaliser des plays spectaculaires même lorsque la pression défensive est proche.

Dispose d’un bon timing et d’une bonne vélocité pour lancer des Curl or Comeback, qui sont ses tracés préférentiels, il peut aussi laisser parler son bras et jouer deep. Lorsqu’il parvient à conserver une mécanique propre et une bonne posture, il devient un très bon passeur.

Aussi capable d’utiliser ses longues jambes, il est un QB moderne classique, capable d’aller chercher du yard au sol et quelques 1st downs importants, mais cela n’est pas sa force primaire. Pas le coureur le plus rapide ni le plus elusive, il sait profiter de son gabarit et baisser l’épaule et avance toujours à l’impact à la fin de ses courses.

Malgré ces bonnes choses qui apparaissent dans son jeu, elles ne parviennent pas à masquer le nombre conséquent de déficiences qui plombent totalement son évaluation.

Tout d’abord mécaniquement, Drew Allar est le premier QB que je vois avec un front foot (pied avant) aussi « fermé » lorsqu’il lance, c’est-à-dire que son pied pointe très à l’intérieur. D’autres QBs comme Carson Beck ont aussi ce défaut, mais tous effectuent une rotation vers la cible de ce pied avant lors du lancé. Ce qui n’est pas le cas de Allar, qui non seulement garde ce pied planté au sol avec un angle très fermé, mais en plus son genou gauche est plié vers l’intérieur aussi. Ces deux facteurs provoquent un verrou total de sa hanche, ce qui le gêne biomécaniquement sur une majorité de ses passes, en particulier celles vers la gauche. Soit il est bloqué dans sa rotation et lance derrière son receveur, soit il tente de compenser ce défaut et lance trop à l’extérieur.

De plus, c’est un Quarterback qui ne sait absolument pas gérer la moindre pression arrivant sur lui. Encore une fois, je crois n’avoir jamais vu un aussi haut prospect avec une telle peur de l’impact lorsqu’il est dans sa poche (et ce malgré son gabarit). Sa mécanique se détériore énormément au moindre maillot différent du sien à moins de 5 yards, c’est aussi pour cela qu’on le voit souvent très loin dans sa poche, parfois à plus de 10 yards de la ligne de scrimmage (même si cela est peut-être dû à un manque de confiance en sa OL à Penn State). Dès que la pression approche, il lance presque invariablement sur son pied arrière, totalement en déséquilibre, souvent en sidearm, et son zip et sa précision en patissent grandement.
Pour exemple, j’ai vu plus de passes de Fernando Mendoza réalisées en prenant un impact et où il tente de stand tall dans sa poche et de lancer malgré le hit en une mi-temps contre Ohio State, qu’en plus de 7 matchs de vidéos de Drew Allar.
Mon plus gros problème avec Allar étant particulièrement que même lorsque la poche est clean, sa mécanique se détériore et la précision de ses passes est aléatoire.

Si on a pu voir que les tracés Curl/Comeback sont sa tasse de thé (notamment vers la droite), le reste reste très compliqué pour Allar. Je passe le nombre très élevé de tracés courts/faciles que lui permettaient le système de Andy Kotelnicki à Penn State, pour noter que les tracés Dig (« carré intérieur » à 10-15 yards) sont sa bête noire. Et lorsque l’on écoute les scouts NFL, ce tracé qui se joue même plus haut en pro (18-20 yards) est l’un des vrais « NFL throw« . Un tracé qui sépare les QBs moyens des vrais QBs professionnels, qui peuvent être des titulaires pérens.
Idem sur les tracés profonds. Certes il dispose du bras nécessaire pour compléter des deep balls, mais sa précision et ses choix laissent grandement à désirer. Ses manquements mécaniques sont trop grands pour avoir la moindre constance dans ce domaine.

Et nous arrivons là au principal défaut du jeu de Drew Allar : son inconstance. Il est capable de sortir un highlight et de juste après manquer totalement un receveur open à 15 yards de lui. Il est capable de réaliser un drive parfait et finir sur un magnifique Touchdown pour ensuite retomber dans ses travers littéralement le drive suivant. Et il en va de même lorsqu’il court : capable de step up dans sa poche, éviter le rush adverse, juke un Linebacker et aller chercher le 1st down, pour ensuite se prendre les pieds dans le tapis et se faire sacker pas un DL alors qu’il avait l’avantage.
Inconstance dans sa mécanique, inconstance dans sa lecture de la défense, inconstance dans son jeu en général. Tous ces facteurs font de Drew Allar un prospect très difficile à imaginer être sélectionner dans les deux premiers jours de la Draft. Et c’est même sans parler de la blessure qui a mis fin à sa saison 2025 prématurément.

 

En résumé, Drew Allar est un Quarterback que nombreux voyaient en tant que 1st overall pick sur la Draft 2025 s’il s’était présenté, mais en se penchant sur son jeu pur et en occultant le simple upside physique, cette proposition apparaît largement éronnée.
Une mécanique plus qu’inconstante et par moment tout simplement désastreuse couplée à une gestion de la pression défensive calamiteuse font de Allar un prospect difficile à envisager dans les deux premiers jours de la Draft 2026. Cependant, une classe de QBs relativement faible cette saison pourrait jouer en sa faveur et compenser la chute libre de son Draft Stock après sa saison 2025 compliquée (que ce soit sur le terrain ou avec sa blessure). De plus, on a pu voir une trend sur ces dernières Draft, avec de nombreuses franchises qui utilisaient leurs choix de 2ème et 3ème tours pour sélectionner des joueurs qui sont plus des projets que des joueurs « day 1 ready« .
Mais je pense qu’une sélection en troisième jour, dans un franchise avec un QB déjà installé, serait le meilleur scénario pour Allar.
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