Carson Beck, QB, Miami (Senior)

De retour pour cette cuvée 2026, The TrickPlay vous propose de nouveau de plonger plus précisément dans le jeu des joueurs de demain. Qui confirmera ses points forts ou ses points faibles ? Qui sera surcoté, sous-coté ou bien évalué à sa juste valeur ? Qui sera le Bust, Boom ou encore le Sleeper de cette Draft 2026 ? 
On essaye une fois de plus de vous donner les meilleures armes afin de faire votre choix et de vous faire un avis sur les possibles stars de demain.

 

Points forts :

  • Gabarit prototype
  • Mécanique
  • Propre lorsqu’il est dans le timing
  • Experience

 

Weaknesses :

  • Détérioration des mécaniques sous pression
  • Lectures des défenses
  • Jeu hors structure
  • Interceptions

TTProfil

 

Statistiques Saison 2025 :
16 matchs joués, 338/467 (72.4%), 3813 yards (238.3 yards/match), 30 TDs, 12 INTs

Statistiques Carrière :
55 matchs joués, 966/1390 (69.5%), 11725 yards (213.2 yards/match), 88 TDs, 32 INT

Taille : 6’4 » (1.93m)
Poids : 215lbs (97kg)

 

Après avoir joué les cinq premières années de sa carrière chez les Georgia Bulldogs (remportant au passage deux titres nationaux en tant que backup), Carson Beck a décidé de “take his talent to South Beach” et de rejoindre les Miami Hurricanes de coach Cristobal.

Athlète longiligne, Beck dispose du physique prototype d’un bon QB pocket passer. Il dispose d’une pocket awareness and pocket movement supérieurs à la moyenne. C’est-à-dire qu’il a une bonne représentation mentale de l’état de sa poche, une bonne vision périphérique pour voir un éventuel rush arriver sans pour autant quitter sa cible des yeux, et surtout une qualité de pieds afin de faire des ajustements de quelques pas pour éviter ce rush mais toujours se trouver en position de lancer la balle. Il dispose vraiment de quick feet afin de remettre ses pieds dans la bonne position, que ce soit après un simple décalage ou une Play Action ou RPO (Run/Pass Option).

Au niveau de la mécanique de passe, c’est un quarterback très clean, très peu de mouvement parasite. Si j’ai une seule légère critique c’est le positionnement de son pied avant qui souvent pointe trop vers l’intérieur au lieu de vers sa cible, mais ce front foot pivote rapidement pour terminer dans la bonne position, donc pas dommageable niveau précision. C’est surtout un passeur qui est très propre lorsqu’il est dans le timing sur ses deux premiers reads, assez dévastateur s’il n’a aucune pression ou aucune raison de sortir de sa mécanique. Et surtout capable de lancer avec une certaine touch, c’est-à-dire ne pas toujours envoyer des passes très fortes et tendues, mais aussi de savoir quand enlever un peu de vélocité pour passer au-dessus d’un défenseur.

Son dropback reste correct, même s’il disparaît par moment et souvent sur le quick game. Mais c’est surtout le cas lorsque la défense montre de la pression et notamment en 3rd down, et on a tendance à se retrouver avec des pas de recul bien moches à la Philip Rivers. Autre problème sur son dropback, c’est qu’il a tendance à le raccourcir sans vraie raison. Un recul de 3 pas en shotgun se transforme en recul d’un seul pas, et donc là où il est censé faire “1 pas, 2 pas, 3 pas, hitch step (petit pas vers l’avant)”, il se retrouve trop souvent à faire “1 pas…” et rester planté dans le sol à attendre sa cible. Ce qui tue complètement son rythme, et donc va à l’encontre de sa force.

Malgré ces bons points, Beck est un QB qui reste décrié, sans vraiment de hype sur lui. Mais dans ce cas-là, comment un QB si propre est aussi peu plébiscité ? C’est tout simplement parce que le football ne se joue pas que sur 1 ou 2 reads et que la défense a le droit de mettre de la pression. C’est à ce moment-là qu’on peut observer le jeu de Carson Beck se détériorer au fur et à mesure.

Tout d’abord quelque chose qui m’a frappé, c’est sa quasi inaptitude à jouer un checkdown de manière propre. Il est très souvent trop facile sur ses passes, il relâche la balle trop tard et on se retrouve avec une balle qui manque de zip, donc qui manque de précision, et ce sont majoritairement des balles très basses (et qui donc ne permettent que très peu voir pas du tout de YAC, ces fameux Yards After Catch). Ce qui est drôle c’est que lorsqu’il se retrouve off plateform, c’est-à-dire avec ses pieds pas en bonne position ou même en lançant dans la course, ces mêmes lancers courts sont précis et n’ont pas les mêmes problèmes que lorsqu’il est set correctement.

Comme indiqué précédemment, sa gestion de la pression laisse à désirer. Déjà simplement son identification pre-snap, puis sa gestion post-snap. Le footwork est bâclé, la lecture et l’utilisation du tracé “Hot” ne sont pas idéales. A sa décharge (et on y viendra plus loin), le fait qu’il ne gère que très peu la protection de passe sur la ligne de Scrimmage ne doit pas aider. Mais le fait que toute sa mécanique se détériore lorsque la défense montre simplement de la pression est un énorme point noir. Son dropback devient inexistant, sa mécanique de passe se transforme souvent en lancés sur le pied arrière, qui sont plus qu’aléatoires niveau zip et précision. Et la majorité de ses interceptions cette saison sont sur ce type de situation.

Autre problème majeur, le positionnement de ses yeux. Même si celui-ci peut être simplement expliqué par le coaching et le schéma offensif de lecture, Beck se retrouve trop régulièrement à prédéterminer ses cibles, sans vraiment sembler lire la défense. Cela le conduit donc à fixer son receveur en attendant qu’il soit ouvert, ce qui peut ne pas arriver. Cela entraîne un problème de continuité dans la lecture de la progression du jeu de passe. De plus, énorme tendance à commencer sa lecture du côté faible de sa formation (en cas de receveurs placés en “3 par 1”, 3 d’un côté du ballon, 1 seul de l’autre), il regarde systématiquement le côté du receveur isolé en premier, et souvent trop longtemps. Sur du “3 par 1”, la décision de lancer sur le receveur backside se fait généralement pre-snap, et est induite par le jeu du safety au snap. C’est pourquoi il est plus que problématique de le voir garder ses yeux du côté faible si longtemps sans même se préoccuper du safety de ce côté.

Et idem que le point précédent, ce retard dans la lecture perturbe le déroulement de sa progression par la suite. Match après match, on a toujours l’impression qu’il est en retard sur ses passes. Des receveurs qui sont ouverts rapidement du côté fort se retrouvent à être visés tardivement car Beck est en retard sur sa lecture. Encore une fois, on a peut-être là une particularité de coaching/schéma offensif, mais c’est criant à la vidéo. Autre problème à cette mauvaise gestion de la lecture : très peu voire pas du tout de manipulation des safeties. Sur ses passes profondes, on n’a pas de freeze du safety ou même totalement un oubli du backside safety lorsqu’ils sont 2 à défendre le deep. Et lorsque l’on couple cela avec ses deep balls qui ont souvent beaucoup trop d’air, cela donne en général des résultats catastrophiques. Devant sa tape, j’avais l’impression de voir les passes longues de Quinn Ewers (avec un meilleur zip tout de même). On sent qu’il souhaite laisser la possibilité à son receveur de s’ajuster sous le ballon, mais la majorité du temps, il permet surtout au défenseur de revenir alors qu’il était battu initialement, ou même au safety d’intervenir.

Sur des jeux qui prennent plus de temps à se développer, on peut observer Carson Beck parfois manquer un peu de patience. Il va forcer une passe courte alors que le jeu est fait pour ouvrir une fenêtre au niveau supérieur. C’est notamment le cas sur les tracés “Dig” (“Carré intérieur” à 12-15 yards) qu’il manque régulièrement malgré le fait que le tracé court en-dessous lui ai ouvert une fenêtre de passe conséquente.

Autre point qui est un peu problématique pour son évolution au niveau professionnel, c’est le fait qu’il ne contrôle absolument pas son offense pre-snap et n’était qu’un simple exécutant du jeu. Certes Miami appelle ses jeux via un huddle, ce qui est en revanche un point positif pour lui vis-à-vis de son intégration dans un système NFL, mais Beck ne disposait à Miami que de très peu de latitude pour modifier quoi que ce soit sur la ligne de scrimmage. Il était très rare (maximum une fois par match) de le voir modifier un jeu via un audible, et les protections de passe et changements de celles-ci étaient gérées par le Centre. Donc certes le coaching staff de Miami en présaison disait qu’ils étaient impressionnés par le Football IQ de Beck, cependant cela ne s’est pas fait ressentir dans la possibilité qu’ils lui laissait de modifier un jeu en cas de besoin.

Si Beck est un passeur plutôt traditionnel, il n’en reste pas moins capable d’utiliser ses jambes quand il en a besoin, comme tous les QBs modernes. Cependant, je dirais qu’il se pense plus athlétique qu’il ne l’est réellement, et cela à tendance à se retourner contre lui.
Je qualifierais son athlétisme de “mid at best”. C’est un coureur capable, bien sûr il peut sortir de sa poche, aller chercher un 1st down ou un Touchdown en Red Zone avec ses jambes (comme par exemple son game-winning TD en ½ finale des Playoffs 2025 contre Ole Miss). Mais déjà qu’il est limité face à des défenseurs universitaires, la différence ne sera que plus flagrante en NFL. C’était notamment criant contre la défense de Louisville (l’une des deux défaites de Miami en saison régulière), qui était très athlétique et très agressive. Il n’a été capable de faire aucune différence au sol et gagner le moindre yard à chaque fois qu’il s’échappait.

Enfin, après avoir vu tous ces points principaux, il y a quelques petites particularités à son jeu.

  • Il a un vrai bon zip et une bonne précision sur des fades rapides à 20-30 yards. Mais il n’a jamais vraiment joué de back shoulder fade (tracé fade lancé tendu sur l’épaule arrière du receveur, utilisé si celui-ci n’a pas fait la différence profondément sur son défenseur), même s’il en a visiblement les capacités de bras.
  • C’est un bon passeur sous la pluie, avec presque un meilleur zip que par temps sec. C’est un fait particulièrement intéressant en fonction de qui veut le drafter. On pense notamment à des franchises à climats particulièrement humides comme Seattle ou les AFC/NFC North.
  • Dans les situations de fin de période, notamment lorsqu’il y a une forte contrainte temporelle, il ne laisse presque jamais la chance à son receveur de faire le jeu. On se retrouve avec des fades de 30 yards, qui finissent 5 yards en touche, qui prennent 5 à 7 secondes, mais sans la possibilité pour le receveur (même quand celui-ci a un matchup de taille favorable) de gagner son duel et faire un play pour compléter la passe.
  • Lorsqu’il sort de sa poche, il a moins confiance en son bras, et a du mal à lancer sur des receveurs ouverts qui sont dans une interzone courte, et aura tendance à continuer de courir (on en revient sur le fait qu’il se pense plus athlétique qu’il ne l’est)
 
 
 
En résumé, Carson est un bon Quarterback lorsqu’il travaille dans la structure d’un schéma offensif précis, il en est un bon exécutant. Mais il présente trop de limitations pour le moment.

Le potentiel est là, je dirais qu’il a un plafond de starter correct dans une offense déjà en place, avec une top-15 OL et un schéma offensif qui favorise le quick game et les RPO.
Mais je vois malheureusement trop de déficiences de sa part à l’instant-T pour penser qu’une équipe irait le chercher lors des deux premiers tours de la prochaine Draft.

Son âge, qui aurait pû être un frein il y a encore 2-3 ans, est désormais un certain atout. Dans la NFL de 2026 où les QBs ne sont que peu développés par les coaching staffs, des joueurs arrivant avec une certaines expérience du terrain (plusieurs années en titulaire, plus de 40 matchs joués, de l’expérience en Power 4 et Playoffs, plusieurs systèmes offensifs différents) sont désormais plus attractifs pour les franchises. On pense à des débuts de carrière comme Bo Nix ou Jayden Daniels, arrivés “tardivement” mais avec avec le plein d’expérience universitaire et une certaine maturité et un Football IQ plus développé.
Son Combine a été bon, précis et dans le timing. Mais même avec cela, je ne vois pas Beck partir avant le 2ème tour (3ème tout selon moi, mais le peu de choix alternatifs va sûrement créer un rush sur le poste), d’autant plus que la dernière impression qu’il laisse aux scouts est une nouvelle interception pour sceller la défaite de Miami en Finale Nationale (ce qui avait déjà été le cas sur les deux précédentes défaites des Hurricanes cette saison, contre Louisville et SMU). Et le fait qu’il en ai lancé 32 en carrière dont 12 sur chacune des deux dernières saisons va rebuter plus d’un Front Office.

Une position de backup derrière un starter établit, sans la pression d’un gros choix de Draft, lui permettant de s’habituer à la vitesse des défenseurs NFL pendant au moins une année serait la situation idéale pour lui.

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